Gazon Sec Et Sableux

Gazon sud : choisir, semer et entretenir en climat chaud

Pelouse de gazon sud en été, herbe partiellement plus haute et sol légèrement sec sous un soleil intense.

Pour une pelouse dans le Sud de la France, la règle d'or est simple : oubliez les mélanges génériques du commerce et misez sur des espèces vraiment tolérantes à la chaleur et à la sécheresse, en priorité la fétuque élevée. Un mélange à 80 % de fétuque élevée (comme les « Gazon Soleil » que proposent plusieurs pépinières spécialisées) est la base la plus fiable pour résister aux étés chauds, aux coups de canicule et aux semaines sans pluie. Ensuite, tout se joue sur la préparation du sol, la période de semis, et quelques réflexes d'entretien estival. Voici comment faire concrètement.

Ce que « gazon sud » veut dire en vrai

Pelouse au plein soleil, zones jaunies et sol fissuré indiquant une chaleur extrême

Quand on parle de gazon pour le Sud, on désigne des pelouses exposées à un ensoleillement intense, des températures estivales dépassant régulièrement 30 à 35 °C, et souvent plusieurs semaines consécutives sans pluie significative. Dans une situation de gazon en zone aride, privilégiez aussi des espèces capables de rester vertes malgré la sécheresse et les périodes sans pluie gazon zone aride. Ce contexte crée un stress cumulatif sur les graminées : d'abord le ralentissement de la croissance, puis le jaunissement, puis l'entrée en dormance (ou la mort pure et simple des pieds les plus fragiles). Le ray-grass anglais, espèce très populaire dans les mélanges grand public, illustre parfaitement le problème : sa production végétative s'arrête dès que la température dépasse 25 °C, ce qui en été méridional correspond à quasiment tous les jours de juillet et août. Résultat : une pelouse qui s'épuise, qui claironne, et qui laisse la place aux adventices.

À ça s'ajoute souvent un sol compacté (argile qui se fissure sous la chaleur), un feutrage qui s'accumule faute de scarification, et des restrictions d'eau qui rendent l'arrosage aléatoire. La bonne nouvelle : une pelouse bien choisie et bien préparée peut rester verte et dense même dans ces conditions, à condition de travailler avec le climat plutôt que contre lui.

Choisir les bonnes espèces et les bons mélanges

La fétuque élevée (Festuca arundinacea) est l'espèce de référence pour les gazons du Sud. Elle enracine profondément (jusqu'à 60 cm dans un bon sol), ce qui lui permet de puiser l'humidité en profondeur même quand la surface est sèche. Elle supporte bien les étés chauds, résiste à la sécheresse, et reste verte bien plus longtemps que les mélanges à base de ray-grass. Avec un gazon sec, l’objectif est surtout d’avoir des racines profondes et une gestion de l’arrosage adaptée au climat sécheresse. Un mélange à 80 % de fétuque élevée est un point de départ solide pour tout jardin fortement exposé ou à dominante méditerranéenne.

Si votre pelouse est très piétinée (terrain de jeux, passage fréquent), vous pouvez ajouter 10 à 15 % de ray-grass anglais à enracinement tardif (les variétés dites « améliorées » ou « tardives » résistent un peu mieux à la chaleur que les variétés classiques). En revanche, évitez les mélanges standards à majorité de ray-grass : ils seront en difficulté dès le premier été sérieux.

Et le bermuda, le kikuyu ? La vérité sur les gazons très méridionaux

Pelouse d’aspect bermuda et kikuyu, touffes vertes contrastées sous chaleur, vue au niveau du sol.

Le bermuda (Cynodon dactylon) et le kikuyu (Pennisetum clandestinum) sont des graminées subtropicales qui adorent la chaleur et ne craignent pas la sécheresse. Elles sont utilisées couramment dans les pays du Maghreb, en Espagne ou en Italie méridionale. En France, leur usage reste limité à quelques zones très spécifiques : le littoral méditerranéen, la Corse, et certaines parties du Roussillon ou du Var. Pourquoi ? Parce que ces espèces entrent en dormance dès que les températures descendent sous 10 °C et prennent une coloration paille en hiver, ce qui n'est pas acceptable pour la plupart des jardins français. De plus, le kikuyu est particulièrement envahissant et peut devenir un problème en lui-même. Si vous êtes sur la côte varoise ou en Corse et que vous acceptez une pelouse « morte » visuellement en hiver, le bermuda peut être un choix pertinent. Pour les autres, restez sur la fétuque élevée.

Les alternatives écologiques : micro-trèfle et prairie fleurie

Si vous cherchez à réduire l'arrosage et les intrants, le micro-trèfle (Trifolium repens nano) mérite vraiment l'attention. Il fixe l'azote de l'air, tolère bien les étés secs une fois bien installé, et reste vert plus longtemps que la plupart des graminées en situation de stress hydrique. Il se mélange très bien à la fétuque élevée (30/70 ou 40/60). La prairie fleurie basse est une autre piste, surtout si vous avez des zones peu piétinées : elle consomme très peu d'eau et attire les pollinisateurs. Ces alternatives sont détaillées dans d'autres guides du site si vous souhaitez aller plus loin.

Espèce / mélangeTolérance chaleurTolérance sécheresseRésistance au piétinementHiver en France méridionale
Fétuque élevéeTrès bonneTrès bonneBonneReste verte
Ray-grass anglais classiqueFaible (stop > 25 °C)FaibleTrès bonneReste verte
Bermuda / kikuyuExcellenteExcellenteTrès bonneDormance / paille
Micro-trèfleBonneBonne une fois installéMoyenneReste vert
Mélange 80% fétuque + 20% ray-grass tardifBonneBonneTrès bonneReste vert

Préparer le sol avant de semer

Potager en préparation : sol émietté et nivelé après travail, mauvaises herbes arrachées visibles au premier plan.

La préparation du sol est l'étape que la plupart des gens bâclent, et c'est souvent là que tout se joue. Dans le Sud, deux problèmes reviennent systématiquement : un sol compacté (argile qui se durcit en été, ou terre tassée par des années de tonte) et un pH qui peut dériver. Pour un sol gazon bien équilibré, surveiller et corriger le pH aide aussi les racines à mieux absorber l’eau et les nutriments, surtout en climat chaud un pH qui peut dériver. Un bon sol, bien préparé et drainant, est déterminant pour que votre gazon tienne l’été et résiste aux périodes sèches sol gazon. La fétuque élevée aime un pH entre 5,5 et 7. En dessous de 5,5, apportez de la chaux (dolomite de préférence, 100 à 150 g/m²). Au-dessus de 7, du soufre ou un amendement acidifiant peut aider, mais c'est plus rare dans nos jardins.

  1. Désherbage: traitez les adventices vivaces (chiendent, liseron) 3 à 4 semaines avant le semis avec un désherbant total à base de glyphosate ou, en version écologique, par solarisation (couvrir le sol avec une bâche noire transparente pendant 4 à 6 semaines en été). Ne semez jamais sur des adventices en place : vous perdrez la bataille d'avance.
  2. Décompactage: si le sol est dur et compact, effectuez un décompactage profond à la grelinette ou à la défonceuse (30 cm de profondeur minimum). C'est indispensable pour que la fétuque élevée puisse enraciner en profondeur et trouver l'humidité.
  3. Amendements: incorporez 3 à 5 L de compost mûr par m² avant de semer, travaillé sur les 15 premiers centimètres. Si le sol est très sableux (comme dans certaines zones côtières), ajoutez de la terre végétale pour améliorer la rétention en eau. Sur sol argileux, le sable grossier (pas de sable de plage) aide à alléger la structure.
  4. Nivellement: râtissez finement la surface pour obtenir un sol plat, sans creux ni bosses. Un sol inégal crée des zones où l'eau s'accumule et d'autres qui sèchent trop vite, ce qui affaiblit le gazon localement.
  5. Vérification du pH: un test simple (bandelettes ou appareil de mesure, 10 à 20 euros en jardinerie) vous évite de semer dans un sol hostile. Corrigez avant de semer, pas après.

Semer ou régarnir : la bonne période et la méthode pas à pas

Dans le Sud de la France, la fenêtre de semis idéale n'est pas la même qu'ailleurs. On a deux créneaux favorables : le printemps (mi-mars à fin avril) et surtout la fin d'été / début d'automne (mi-août à fin septembre). C'est ce deuxième créneau que je préfère recommander pour la fétuque élevée dans les zones chaudes. Pourquoi ? Parce que le sol est encore chaud (la germination est rapide, sous 10 jours), les températures de l'air redescendent, et les pluies de septembre aident à l'installation sans stress hydrique. Un semis de printemps, lui, risque d'être rattrapé par la chaleur avant que la pelouse soit solidement implantée.

Pour le regarnissage (zones claires à rattraper sur une pelouse existante), le même raisonnement s'applique : automne de préférence, ou printemps très tôt si l'automne précédent a été raté. Évitez absolument de régarnir en juin, juillet ou août dans le Sud sauf si vous avez un système d'irrigation fiable et très régulier.

  1. Préparez le sol comme décrit ci-dessus (décompactage, amendements, nivellement).
  2. Dosez la semence: pour un semis total, comptez 30 à 40 g/m² de fétuque élevée. Pour un regarnissage, 20 à 25 g/m² sur les zones claires.
  3. Semez en deux passages croisés (une moitié de la dose dans un sens, l'autre moitié perpendiculairement) pour une répartition homogène.
  4. Griffez légèrement la surface au râteau pour enfouir les graines à 0,5–1 cm de profondeur maximum. La fétuque élevée ne doit pas être trop profonde.
  5. Roulez avec un rouleau léger (ou marchez dessus avec des planches) pour assurer le contact graine/sol.
  6. Arrosez en pluie fine immédiatement, puis maintenez le sol humide (sans inonder) jusqu'à la levée. En période chaude, cela peut signifier deux à trois arrosages légers par jour pendant 10 à 15 jours.
  7. Première tonte quand le gazon atteint 8 à 10 cm, en remontant la lame à 6 cm. Ne tondez jamais trop bas un gazon jeune.

Entretien estival : les bons gestes quand il fait chaud

Hauteur de tonte : la règle du tiers

En été, montez la hauteur de coupe. Pour une fétuque élevée, visez 6 à 7 cm minimum pendant les mois chauds (contre 4 à 5 cm au printemps). Une herbe plus haute protège le sol de l'évaporation, ombrage les racines, et résiste bien mieux au stress hydrique. La règle d'or : ne jamais couper plus d'un tiers de la hauteur en une seule tonte. Si votre pelouse a dépassé 12 cm pendant une canicule, redescendez en deux ou trois tontes espacées de quelques jours, pas en une seule fois.

Arrosage intelligent : moins mais mieux

L'erreur classique dans le Sud : arroser tous les soirs en petite quantité. Avec un gazon sec, la question clé est de savoir s'il repousse correctement après une période de sécheresse gazon sec repousse. Ça maintient les racines en surface, rend le gazon dépendant, et favorise les maladies fongiques. La bonne approche : arrosez peu souvent mais profondément, de façon à humidifier le sol sur 15 à 20 cm. Pour un gazon qui tient malgré la sécheresse, le choix d’une fétuque adaptée et une stratégie d’arrosage profond font souvent aussi la différence gazon sol sec. Pour un gazon jardin sec, l’objectif est le même: humidifier en profondeur plutôt que mouiller souvent la surface arrosage profond. En pratique, deux à trois arrosages par semaine en juillet-août, de 20 à 25 mm par session (mesurable avec un pluviomètre ou un verre posé dans la zone d'arrosage). Arrosez tôt le matin (entre 5h et 9h) pour limiter l'évaporation et éviter les maladies liées à l'humidité nocturne. Si votre commune impose des restrictions d'eau, adaptez : laisser la pelouse entrer en dormance partielle (elle devient paille mais récupère à l'automne) est préférable à des arrosages superficiels quotidiens.

Fréquence de tonte et entretien courant

En plein été, si la pelouse pousse peu (ce qui est normal avec la chaleur), une tonte tous les 10 à 14 jours suffit. Pas besoin de forcer si l'herbe ne croît pas. Ne tondez pas un gazon stressé par la chaleur juste avant une vague de chaleur annoncée : laissez-lui quelques centimètres supplémentaires comme bouclier. Les rognures peuvent rester sur la pelouse si elles sont fines (paillage naturel), mais ramassez si les herbes sont longues ou mouillées pour éviter le feutrage.

Problèmes courants et comment les régler

Jaunissement

Un gazon qui jaunit en été peut avoir plusieurs causes : manque d'eau (le plus fréquent), carence en azote (surtout si le sol est sableux et que vous n'avez pas apporté de fertilisant depuis le printemps), ou tout simplement la dormance estivale naturelle. Si vous travaillez sur un sol qui a tendance à sécher vite, pensez à un gazon sable adapté aux conditions méridionales. Avant de paniquer, appuyez un doigt dans le sol : s'il est sec à 5 cm de profondeur, commencez par arroser profondément. Si après 48h de réhydratation la pelouse reste jaune, regardez si le feutrage est excessif (couche compacte au-dessus du sol) ou si des champignons sont visibles. Une fertilisation légère en azote à libération lente (10 g/m² d'engrais spécial gazon) peut relancer la croissance en sortie de canicule.

Feutrage

Le feutrage est une couche de matière organique morte (tiges, racines mortes) qui s'accumule entre l'herbe verte et le sol. Au-delà de 1 cm d'épaisseur, il empêche l'eau de pénétrer et crée un environnement chaud et humide propice aux maladies. Dans le Sud, le feutrage s'aggrave quand le gazon souffre et produit beaucoup de matière morte. La solution : scarifier à l'automne (septembre-octobre), quand les températures sont revenues à des niveaux raisonnables. Évitez la scarification en plein été : vous stresseriez encore plus une pelouse déjà à bout.

Maladies : fusariose, dollar spot et oïdium

Les maladies fongiques touchent les gazons du Sud surtout dans deux situations : des nuits fraîches après une longue période chaude (favorise la fusariose), ou un gazon sur-arrosé en surface avec des nuits douces et humides (dollar spot, oïdium). Le dollar spot se manifeste par des petites taches rondes décolorées (5 à 10 cm de diamètre). La fusariose crée des plages jaunies à bords cotonneuse. Dans les deux cas, la première action est culturale : réduisez l'arrosage nocturne, passez à des arrosages matinaux, aérez le sol si besoin. Si les symptômes persistent, un traitement fongicide à base de trichoderma (solution biologique) ou un produit homologué gazon peut être utilisé, mais traitez la cause avant de traiter les symptômes.

Ravageurs

En été dans le Sud, les principaux ravageurs à surveiller sont les larves de hannetons (qui rongent les racines et créent des zones soulevées et mortes) et les fourmis (qui peuvent déstructurer le sol autour des racines). Pour les larves, la solution la plus écologique est un nématode entomopathogène (Heterorhabditis bacteriophora) à appliquer en arrosage sur sol humide, de préférence en août-septembre. Respectez les conditions de température indiquées sur l'emballage. Pour les fourmis, une aération du sol et un traitement de surface localisé suffisent généralement.

Gérer les adventices sans abîmer la pelouse

Les mauvaises herbes profitent de chaque faille dans la pelouse, surtout en été quand le gazon est affaibli. La stratégie la plus efficace sur le long terme n'est pas chimique mais densitaire : une pelouse dense ne laisse pas de place aux adventices. Avant d'utiliser quoi que ce soit, identifiez ce à quoi vous avez affaire.

  • Plantain, pâquerette, trèfle sauvage: signe d'un gazon trop ras ou d'un sol carencé. Relevez la hauteur de tonte et fertilisez au printemps. Si présents en masse, un désherbant sélectif gazon (à base de MCPA ou fluroxypyr) peut être utilisé au printemps ou début d'automne, jamais en période de stress estival.
  • Chiendent (Elytrigia repens): le plus tenace. Sur une pelouse existante, l'arrachage manuel est la seule vraie solution sans risque pour le gazon. Sur une zone à resemer, traitez avant le semis avec un désherbant total.
  • Mousses: signe d'un sol trop compact, trop ombragé ou trop acide. Corrigez la cause (aération, chaulage) avant de scarifier.
  • Oxalis: difficile à éliminer sélectivement. Renforcez la densité du gazon et traitez localement avec un désherbant sélectif adapté au printemps.
  • Prévention: un gazon dense, bien fertilisé, tondu à bonne hauteur et correctement arrosé est la meilleure protection contre les adventices. Chaque zone clairsemée est une invitation.

N'appliquez jamais un désherbant sur un gazon stressé par la chaleur ou la sécheresse : le risque de brûlure et de détérioration est élevé. Attendez que les températures redescendent (sous 25 °C) et que le gazon soit en croissance active.

Plan d'action concret : diagnostic et calendrier

Diagnostic rapide aujourd'hui

Avant de faire quoi que ce soit, passez 10 minutes à observer votre pelouse. Posez-vous ces questions : est-ce que le sol est humide ou sec en profondeur (testez avec un tournevis ou un doigt) ? Est-ce qu'il y a une couche de feutrage visible au-dessus du sol (grattez légèrement avec un couteau) ? Est-ce que les zones mortes sont réparties uniformément ou en taches ? Est-ce que les racines sont superficielles (se détachent facilement quand vous tirez sur une touffe) ? Les réponses orientent directement les actions à prioriser.

Actions dans les 7 à 14 prochains jours (fin mai 2026)

  1. Arrosez profondément si le sol est sec en profondeur: 25 mm en une seule session, tôt le matin.
  2. Montez la hauteur de tonte à 6 cm minimum avant les premières chaleurs.
  3. Vérifiez le pH du sol si ce n'est pas fait depuis 2 ans.
  4. Observez et identifiez les adventices présentes: notez lesquelles dominent pour planifier un traitement sélectif au bon moment.
  5. Si des zones claires sont importantes, planifiez un regarnissage d'automne (mi-août à fin septembre) avec un mélange à base de fétuque élevée.
  6. Vérifiez l'absence de larves de hannetons dans les zones soulevées ou spongieuses.

Calendrier sur 1 à 3 mois (juin, juillet, août)

PériodeAction prioritaireCe qu'il ne faut pas faire
JuinFertilisation légère azote lente (10 g/m²), arrosage profond 2x/semaine, tonte à 6 cmScarification, désherbant chimique si > 25 °C
JuilletMaintien arrosage matinal, surveillance feutrage et maladies, pas de tonte si pas de croissanceTonte trop basse, arrosage nocturne
Août (début)Commencer à préparer les zones à régarnir : désherbage, décompactageSemer avant mi-août dans le Sud
Mi-août à fin septembreRegarnissage ou semis complet à la fétuque élevée, scarification si feutrage > 1 cm, traitement nématodes si larvesLaisser le sol sécher pendant la germination

Une dernière chose : n'attendez pas que votre pelouse soit en mauvais état pour agir. Dans le Sud, les conditions peuvent se dégrader très vite au cœur de l'été. Prendre les bonnes décisions en mai et juin, c'est souvent ce qui fait la différence entre une pelouse qui tient jusqu'à septembre et une pelouse qui ressemble à un champ de paille en août. Les bases (bon choix d'espèce, sol préparé, arrosage profond, tonte haute) font 80 % du résultat. Le reste, c'est de la réactivité.

FAQ

Puis-je semer du gazon sud en mai au lieu d’attendre l’automne ?

Oui, mais c’est plus risqué. En mai, la chaleur peut arriver vite, et la jeune fétuque élevée n’a pas encore un enracinement profond. Si vous semez quand même, visez une implantation avec arrosage de démarrage régulier (sans créer de flaques), et arrêtez le semis si une vague de chaleur est annoncée, l’objectif étant d’éviter le stress hydrique avant la solidification des racines.

Comment savoir si ma pelouse est en dormance estivale ou réellement en train de mourir ?

Test simple, en profondeur. Appuyez un tournevis ou un doigt dans le sol, puis tirez doucement sur une touffe jaunie. Si le sol est sec à 5 cm et que la touffe reste enracinée mais plate, c’est souvent la dormance et la pelouse reverdit après un arrosage profond. Si au contraire les racines sont très superficielles, qui se détachent facilement, ou que des zones se soulèvent, il y a probablement fatigue ou feutrage compacté qui étouffe les racines.

Faut-il ratisser ou enlever les rognures après la tonte en été ?

Ça dépend surtout de la hauteur et de la météo. Si vous tondez à 6 à 7 cm et que l’herbe est sèche et coupée en petits brins, le paillage naturel est généralement OK. En revanche, si l’herbe est longue, humide (rosée forte) ou que vous avez dû faire une tonte de “rattrapage” sur une pelouse très haute, ramassez pour éviter un feutrage accéléré et des conditions favorables aux champignons.

Combien de temps garder la pelouse “haute” avant de revenir à une coupe plus courte ?

Gardez une hauteur haute pendant les pics de chaleur, puis redescendez progressivement quand les nuits deviennent plus fraîches. Concrètement, modifiez la hauteur en plusieurs tontes, espacées de quelques jours, sans jamais enlever plus d’un tiers. Dès que l’air se rafraîchit et que le gazon repousse davantage, vous pouvez revenir vers une hauteur plus basse, mais pas d’un coup.

Mon arrosage profond ne suffit pas, la pelouse reste jaune après deux jours. Je fais quoi en premier ?

Commencez par le diagnostic feutrage et racines. Si vous avez humidifié à 15-20 cm mais que la couleur ne revient pas, vérifiez l’épaisseur de feutrage (grattez à la main sur 5 à 10 cm). Si vous sentez une couche compacte au-dessus du sol, l’eau peut stagner ou ne pas pénétrer, et une scarification d’automne sera la bonne réponse. Si vous voyez des zones avec aspect “cotonneux” ou des taches circulaires, passez ensuite aux causes fongiques, en ajustant l’arrosage (matin uniquement) avant d’envisager un traitement.

Je suis en zone avec restrictions d’eau, est-ce que je dois abandonner toute pelouse ?

Non, vous pouvez piloter une “dormance contrôlée”. En cas de restrictions, l’option la plus sûre est de limiter les apports fréquents et de remplacer par quelques arrosages espacés et suffisants, uniquement pour préserver les racines (puis laisser la pelouse jaunir temporairement). L’objectif est de faire repiquer à l’automne, plutôt que de maintenir une verdure permanente avec des arrosages superficiels qui fragilisent le système racinaire.

Le micro-trèfle est-il adapté si j’ai beaucoup de passage ou des chiens qui urinent ?

Il est intéressant pour réduire l’intrant et maintenir plus longtemps une verdure en stress hydrique, mais il n’est pas une solution miracle aux déjections. Le passage intensif et les zones d’urine concentrée créent des dégâts qui nécessitent du regarnissage. Si vous avez ce type de pression, gardez un taux de micro-trèfle modéré dans le mélange, et prévoyez des réparations à l’automne plutôt que de chercher à “rattraper” en juillet-août.

Puis-je ajouter du ray-grass sans nuire au gazon sud si je veux une pelouse plus “souple” ?

Vous pouvez, mais seulement avec des variétés tardives et en quantité limitée, et uniquement si votre pelouse est réellement très piétinée. Un apport trop élevé de ray-grass classique favorise l’épuisement en juillet-août, avec une pelouse qui jaunit et s’ouvre aux mauvaises herbes. Si vous testez, gardez l’ajout au niveau indiqué (10 à 15 %), et observez la repousse après la première canicule.

Quand faut-il scarifier dans le Sud, et faut-il le faire même si la pelouse est déjà clairsemée ?

Scarifiez à l’automne (septembre-octobre) lorsque la croissance reprend et que la pelouse n’est plus en surchauffe. Si la pelouse est déjà clairsemée et les racines faibles, scarifier peut aggraver temporairement l’état du sol. Dans ce cas, priorisez d’abord la stabilisation (arrosage profond, aération ciblée si besoin) puis enchaînez sur la scarification et le regarnissage au bon moment.

Comment traiter les larves de hannetons si je ne veux pas utiliser d’insecticide ?

Optez pour le nématode entomopathogène, c’est généralement la voie la plus écologique. Appliquez-le en arrosage sur sol humide, idéalement en août-septembre, et respectez la température indiquée sur le flacon car l’efficacité dépend fortement de la fenêtre climatique. Après application, évitez de laisser le sol sécher complètement, sinon les larves exposées peuvent ne pas être touchées.

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